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12 février 2016

Réforme de l’orthographe : faut-il s’en réjouir ?

OrthographeDe même que l’on s’est polarisé – et à juste titre ! – sur la lecture, tous les regards se tournent actuellement sur l’orthographe et, tel le serpent de mer, une réforme de l’orthographe est ressortie des cartons (1990 !).

Quelques accents circonflexes en moins : tant mieux ou tant pis?  (ou pourquoi pas ?)

À l’heure où les employeurs reçoivent des CV abracadabrantesques, corrigent les fautes d’orthographe de leur personnel et sont obligés de faire refaire des rapports incompréhensibles ; à l’heure où les organismes de formation proposent des séminaires … d’orthographe, on pourrait se réjouir d’un toilettage de l’orthographe française émaillée de ses multiples particularités.

Qui ne s’est battu avec les exceptions comportant des exceptions ? par exemple : les noms féminins prennent un e (tout le monde le sait) mais les noms en et tié (beauté, amitié..) font exception. Ce n’est pas trop difficile à retenir, sauf que ce n’est pas vrai pour dictée et pâtée, remontée, portée … et les noms indiquant un contenu (cuillerée, assiettée…)!  

Alors une simplification, pourquoi pas ? pourvu que l’on ne se dirige pas vers l’écriture phonétique qui vide les mots de leur histoire.

L’orthographe : l’arbre qui cache la forêt

Le tout est de ne pas se tromper de définition de l’orthographe. S’il ne s’agit que de l’orthographe dite lexicale (autrement dit orthographe d’usage : doubles consonnes, m devant p et b etc…) certaines simplifications peuvent être envisagées en effet. En l’occurrence certains accents circonflexes mais pas n’importe lesquels !

Modifier l’orthographe grammaticale serait une toute autre histoire et, à part une particularité d’accord et quelques formes du pluriel qui se veulent « logiques », cette réforme ne s’y aventure guère.

La vraie question est que l’absence d’orthographe ne doit pas nous faire oublier l’inexistence du vocabulaire, et une ignorance manifeste de la syntaxe.

Écoutons le propos de Stéphane Olivier (Valeurs Actuelles d’avril 2015) : « l’orthographe est évidemment défaillante mais il s’y ajoute d’énormes problèmes de syntaxe donnant des barbarismes et des phrases incompréhensibles… Même quand le raisonnement scientifique est bon, la capacité à le traduire par l’écrit est souvent défaillante. »

L’on peut être brillant et ne pas avoir d’orthographe.  Nombreuses sont les personnalités (Einstein entre autres) que l’on ne manque pas de mettre en avant à chaque fois que l’on parle pour la nième fois d’une simplification de la langue.

Il semble que l’orthographe ait fait souffrir François de Closets dont la publication de son livre Zéro faute avait été suivie de polémiques ; mais ne nous y trompons pas : cela ne l’empêche pas de manier avec allégresse la syntaxe et de déployer un vocabulaire étendu. Cela prouve bien que la réforme de l’orthographe peut attendre encore un peu.

 Ne nous trompons donc pas d’objectif ; si l’orthographe est une technique d’application de règles, de reconnaissance de la nature des mots (grammaire) et de leur histoire,  il ne faut pas oublier l’importance du vocabulaire – qui s’acquiert par une lente acquisition au gré des textes étudiés et relève du domaine de la culture – et celle de la syntaxe qui est la mise en œuvre d’un savoir-faire nécessitant différentes compétences. 

Un retard orthographique qui couvre maintenant deux générations

Voilà pourquoi la syntaxe est la clé du déblocage de nombreuses fonctions de compréhension et de restitution. Elle est la structure même de la langue.  Elle est devenue une priorité de notre époque. C’est d’autant plus important que le retard orthographique pris (essentiellement par manque d’entraînement), couvre maintenant deux générations et ce n’est pas cette réforme qui va le résorber. Il  nous faut donc aller à l’essentiel et ce tapage autour de la réforme de l’orthographe masque une réalité beaucoup plus grave : l’impossibilité de communiquer, à l’oral comme à l’écrit, dans laquelle se trouvent tant d’élèves flirtant avec l’illettrisme.

Quels remèdes au retard orthographique le Cours Sainte-Anne propose-t-il ?

L’orthographe est une discipline comme les autres, partie intégrante mais pas unique de la maîtrise de la langue française : il faut s’entraîner. Les exercices à trous ne sont pas suffisants ni pédagogiques.

Voilà pourquoi au Cours Sainte-Anne, tous les moyens sont mis en œuvre pour acquérir de l’orthographe mais intégrée à l’ensemble des disciplines de la langue française :

  • entraînement hebdomadaire à la conjugaison ;
  • nombreux exercices d’orthographe grammaticale et d’usage ;
  • maîtrise de la nature des mots par l’analyse grammaticale dès le Cours Préparatoire ;
  • étude de la structure de la langue par l’analyse logique ;
  • 3 dictées par semaine dès le Cours Préparatoire car la dictée est l’exercice fédérateur par excellence donnant vie et sens à cet entraînement en conjugaison, analyse, exercices de grammaire et d’orthographe.

Entraînement à l’exercice de rédaction dès le CE1 pour  que l’enfant acquiert  le goût de raconter par écrit et s’habitue progressivement à rédiger une histoire de façon structurée et intelligible.

Cet outil de communication et de civilisation, qu’est notre langue, a besoin de bien plus qu’une réforme de l’orthographe, somme toute, secondaire ; son étude exhaustive doit être remise au goût du jour et l’entraînement des élèves devenir intensif et quotidien. C’est un devoir de transmission auquel nous sommes très attachés au Cours Sainte-Anne.