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12 novembre 2015

La dictée : pour ou contre ?

enfant studieuxIl parait que la dictée est un exercice typiquement français et traumatisant voire stigmatisant pour nos enfants. Alors, faut-il continuer ?

Après l’histoire (années 60-70), la lecture, l’orthographe, voilà la dictée qui est mise sur le devant de la scène.

La ministre recommande bien de « faire des dictées quotidiennes » mais  il s’agit en fait de faire « des activités diverses pour résoudre les problèmes orthographiques » ce qui n’est plus tout à fait pareil.

Nous apprenons ainsi que « même si l’exercice de la dictée est toujours pratiqué à l’école primaire, il a pris de nouvelles formes ».

Les alternatives à la dictée traditionnelle

Regardons un peu comment la dictée traditionnelle est devenue protéiforme :

L’incontournable auto-dictée consiste à apprendre la dictée par cœur et à la réécrire sans faute. Elle est largement pratiquée et dans le meilleur des cas elle permet aux élèves « visuels » et dotés d’une bonne mémoire, d’acquérir de l’orthographe d’usage. Pour l’acquisition de l’orthographe grammaticale, son efficacité reste à prouver.

La dictée frigo : les élèves écrivent leur dictée ; le professeur les met « au frigo » (de côté). Les élèves reçoivent le corrigé dans lequel ils soulignent les mots pour lesquels ils pensent avoir commis une erreur. Les explications sont données. Ils reprennent leur copie et la corrigent.

En théorie, c’est séduisant mais on ne peut s’empêcher de demander pourquoi faire « après » ce que l’on peut faire « avant »? Surtout en primaire où les connaissances des enfants sont en cours d’élaboration. Ils n’ont pas, pour la plupart, une bibliothèque suffisante pour faire face à des difficultés d’orthographe d’usage et grammaticale.

La dictée à trous, dans laquelle les élèves ne complètent que les mots manquants.

Il est difficile de donner le nom de dictée à cet exercice qui ne permet pas de maîtriser tous les éléments d’une phrase.

La dictée flash : texte court écrit au tableau, expliqué, effacé puis dicté. Elle se rapproche de la dictée traditionnelle.

La twictée : une phrase est dictée et écrite à la main par les élèves. La classe divisée en groupes discute de la bonne orthographe. La phrase choisie est postée sur le réseau social Twitter à une autre classe et cette dernière envoie le corrigé.  

Un peu difficile à prendre au sérieux et sûrement très chronophage ! 

Ce qu’apporte la dictée traditionnelle

L’exercice de la dictée, essentiellement en primaire, devrait toujours être un exercice préparé : les élèves n’ont pas l’orthographe infuse. Cette préparation va permettre de donner vie et sens au travail de grammaire, d’analyse grammaticale et de logique, de conjugaison effectué au quotidien. Cette préparation est aussi un chemin direct pour le travail de vocabulaire : homonymes, synonymes, mots de la même famille.

Il est offert ainsi à l’élève la possibilité de s’imprégner d’une belle langue et d’aborder les auteurs classiques, premiers pas dans la culture en étant partie prenante.

Le Cours Sainte-Anne est particulièrement attaché à la qualité littéraire des textes afin qu’ils éveillent la curiosité des élèves en leur donnant envie de connaitre la suite de l’histoire ou de découvrir l’auteur.

Pourquoi faire souvent des dictées ?

dictée de mots ,sans fauteParce qu’il faut que ces notions étudiées soient mises en œuvre dans des configurations variées et de plus en plus complexes. La dictée est le chemin le plus court et l’exercice le plus complet pour maitriser la logique de la langue. Plus il est répété, plus il y a de chances que l’élève retienne : cela s’appelle l’entrainement, mot bien connu dans le monde sportif !

Bien sûr, dans l’enseignement comme en toute chose, c’est une affaire de dosage et  il est possible de varier la façon de concevoir la dictée ! Retenons la « dictée flash » qui peut permettre à des enfants à l’attention de courte durée, de restituer sans trop d’erreurs.

Oui, la « dictée Frigo » n’est pas dénuée de sens avec des élèves de collège mais elle requiert un niveau minimum d’orthographe. Soulignons que les dictées que nous faisions au collège, il y a un demi-siècle, n’étaient pas préparées parce que les collégiens étaient capables d’écrire avec peu de fautes et qu’il suffisait d’avoir cinq fautes pour s’offrir un beau zéro ! Est-ce le cas aujourd’hui ?

Au Cours Sainte-Anne, il est proposé 4 dictées par module et conseillé un minimum de 3 dictées par semaine. Cela n’exclut pas les aménagements requis par les profils particuliers d’élèves, qu’ils soient ou non en difficulté.

*expression personnelle pour se mettre à l’heure des acronymes ! On pourra lui préférer le PEF (Paysage de l’Éducation Française)