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6 juin 2017

La dictée : outil indispensable ou outil dépassé ?

Après l’histoire, la lecture, l’orthographe, voilà la dictée qui est mise sur le devant de la scène. Aujourd’hui encore, la question de la place de la dictée dans l’apprentissage de nos enfants se pose.

 

L’exercice de la dictée est toujours pratiqué à l’école primaire, mais il a pris de nouvelles formes :

  • l’auto-dictée, qui consiste à apprendre la dictée par cœur et à la réécrire sans faute
  • la dictée frigo : les élèves écrivent leur dictée ; le professeur les met « au frigo » (de côté) ; les élèves reçoivent le corrigé et soulignent les mots pour lesquels ils pensent avoir commis une erreur. Les explications sont données. Ils reprennent leur copie et la corrigent.
  • la dictée à trous, dans laquelle les élèves ne complètent que les mots manquants
  • la dictée flash : texte court écrit au tableau, expliqué, effacé puis dicté
  • la twictée : une phrase est dictée et écrite à la main par les élèves. La classe divisée en groupes discute de la bonne orthographe. La phrase choisie est postée sur le réseau social Twitter à une autre classe et cette dernière envoie le corrigé. 

 

Si elle est pensée comme une activité diverse pour « résoudre des problèmes orthographiques », la dictée reste avant tout un entraînement incontournable et fondamental pour développer chez l’enfant l’application et l’appropriation des notions.

 

exercice de la dictéePourquoi les préparer ?  

Il ne faut pas oublier que l’exercice de la dictée, essentiellement en primaire, est un exercice préparé.

À quoi bon faire faire à nos enfants une dictée sans en avoir étudié les difficultés au préalable ?

En effet, cette préparation va permettre de donner vie et sens au travail de grammaire, d’analyse grammaticale et logique, de conjugaison effectué au quotidien. Cette préparation est aussi un chemin direct pour le travail de vocabulaire : homonymes, synonymes, mots de la même famille.

Les textes choisis, quant à eux, ont toute leur importance : ils permettront à l’élève de s’imprégner d’une belle langue et d’aborder les auteurs classiques, premiers pas dans la culture.

 

Pourquoi faire souvent des dictées ?  

Parce qu’il faut que ces notions étudiées soient mises en œuvre dans des configurations variées et de plus en plus complexes.

La dictée est le chemin le plus court et l’exercice le plus complet pour maîtriser la logique de la langue. Plus il est répété, plus il y a de chances que l’élève retienne. Comme le marathonien qui va travailler sa performance jour après jour sur le même circuit de course.

 

Quand et comment ?              

Bien sûr, comme en toute chose dans l’enseignement, c’est une affaire de dosage et il est possible de varier la façon de concevoir la dictée ! On peut retenir la « dictée flash » qui peut permettre à des enfants à l’attention de courte durée, de restituer sans trop d’erreurs.

Oui, la « dictée frigo » n’est pas dénuée de sens ; mais pourquoi étudier après ce que l’on peut faire avant ? Surtout en primaire où les connaissances des enfants sont en cours d’élaboration.

Le tout est de la travailler régulièrement. Une à trois dictées par semaine en règle générale est une bonne moyenne.

Il est toujours bon de travailler avec l’élève les difficultés rencontrées dans le texte la veille. Puis, le lendemain, à « la fraîche », relire avec l’élève la dictée en relevant à l’oral les difficultés soulignées la veille. Lors de la dictée, l’enfant prend son temps, réfléchit avant d’écrire, et se remémore la règle étudiée pour ne pas se tromper. C’est ce qu’on appelle « l’appropriation de la notion ».

 

Les dictées que nous faisions au collège il y a un demi-siècle n’étaient pas préparées parce que les collégiens étaient capables d’écrire avec peu de fautes. Partons du principe que nos enfants, aujourd’hui, en sont tout aussi capables.

Il paraît que la dictée est un exercice typiquement français et traumatisant, stigmatisant, pour nos enfants. Pour le Cours Sainte-Anne, elle n’est rien d’autre justement qu’un réel entraînement. Pas un piège, ni un examen, seulement un entraînement. Voire même, à force de les pratiquer avec régularité, au sens propre comme au sens figuré, « un jeu d’enfant »…